Du côté du peuple : on ne peut plus en appeler à la raison des électeurs, qui, majoritairement ne jugent plus sur des critères objectifs ou de crédibilité…ou sur des programmes, mais sur des émotions plus ou moins orchestrées et plus ou moins épidermiques. Personne ne peut prétendre savoir ce qu’une élection aura comme résultat, les gens répondent un peu trop spontanément à des sondages tronqués, les mots ont perdu de leur valeur, c’est une des leçons de l’élection de Donald Trump.

Du côté des élites : les propositions idéologiques donnent le tournis, Emmanuel Macron, Arnaud Montebourg, Alexandre Jardin, s’ajoutent aux candidats traditionnels : de fait, ils sont relayés par des organes de Presse qui privilégient la nouveauté, le spectacle, l’affrontement… Le type de débats proposé reste l’affaire d’une élite dont la formation politique s’est construite sur des affinités, des relations, et un conditionnement partisan, et qui ne joue plus le rôle médiateur qui lui est assigné entre les communautés, la société et le pouvoir. C’est la leçon des primaires, de droite, bientôt de gauche et même de la virtuelle primaire des citoyens.

Du côté des gouvernants et de la bureaucratie : la simple gestion du quotidien devient intenable, les pressions des puissances d’argent (qui manipulent la presse et les élites) et celle des communautés populaires, contradictoires entre elles, rendent intenables les institutions, qui fonctionnent à vide, sans projet, irréformables a priori. C’est la leçon du renoncement de François Hollande.

Ce qui faisait la dynamique du système, et rendait la démocratie viable, c’était un mouvement vertueux qui faisait de l’élite l’émanation d’une nation fière de ses intellectuels et de ses chevaliers d’industrie ; de cette élite s’élevaient, par élection ou par nomination, des gouvernants pour animer une administration républicaine hautement qualifiée ; cette administration agissait au service de la population et de la Paix, améliorant le sort et favorisant l’autonomie de toutes les communautés et de toutes les classes sociales… C’est ce que j’attends de Jean Lassalle et de la Marche citoyenne.

Aujourd’hui les trahisons des promesses faites par les élus de tous niveaux et l’affaiblissement du caractère républicain de l’administration (notamment judiciaire) devenue une bureaucratie lourde et aveugle ont achevé de décevoir l’élite qui se referme sur un corporatisme de propriétaires défendant leurs biens…. Ce renfermement des élites et leur incapacité à concevoir l’avenir sans conformisme ni peur les a éloignées du peuple et leur a fait perdre le soutien des électeurs. De fait, les électeurs n’espérant plus rien de vrai ou d’efficace de la classe politique dans laquelle se fourvoient et s’invectivent sans retenue l’élite et l’Etat, se proposent des votes extrêmes ou renoncent aux droits civiques élémentaires et ne votent plus.

 

ChL, décembre 2016

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